
VERS DES TRANSORTS DURABLES
Nota :
L'ensemble des principes suivants a été élaboré par la Table Ronde Nationale sur l'environnement et l'économie grâce à un processus de consultations auprès de divers intervenants canadiens oeuvrant dans les transports. Ils ont été préparés à la demande du Ministre de l'Environnement afin de servir de point de départ des discussions sur les principes, lors de la conférence de l'OCDE sur le transport durable, en mars 1996. Ces principes ont été discutés à la Table ronde, sans toutefois être appuyés officiellement. Ils sont destinés à stimuler les pensées et les discussions au sujet de certains défis essentiels que devra relever le secteur du transport.
Énoncé du problème
Notre système de transport actuel ne s'oriente pas vers la durabilité. Nos réalisations en termes de mobilité ont impliqué des coûts élevés pour l'environnement, la société et l'économie. Il s'agit maintenant de trouver des moyens de répondre à nos besoins de transport qui soient socialement équitables, sans danger pour l'environnement et viables sur le plan économique.
Contexte
Les êtres humains sont foncièrement mobiles et, dans la plupart des sociétés, la mobilité revêt une grande importance du point de vue personnel; de plus, elle est essentielle pour des raisons sociales et économiques. Toutefois, au cours des ans, l'accroissement de la population, l'agrandissement des villes, la mondialisation des marchés et le libre échange ont entraîné une augmentation du déplacement régional et international des personnes et des biens; en même temps, notre infrastructure de transport et nos systèmes de transport ont connu une expansion incroyable. Les voitures, les camions, les autobus, les métros, les trains, les avions, les bateaux et les traversiers que nous utilisons pour nous déplacer et déplacer les marchandises aujourd'hui comportent des incidences environnementales en termes d'apports, d'émissions et d'utilisation des espaces.
Dans de nombreux pays, l'infrastructure du transport est de plus en plus consacrée aux véhicules automobiles. Cette utilisation accrue des véhicules particuliers et des camions contribue grandement aux problèmes de la qualité de l'air et aux changements climatiques du globe. Bien que les taux d'émissions par mille conduit aient diminué grandement au cours des deux dernières décennies, l'augmentation énorme de l'utilisation des véhicules a contrebalancé ces gains.
De plus, même si l'emphase mise sur les réseaux routiers a permis d'accroître la mobilité et l'indépendance pour un grand nombre d'entre nous, cela a eu un impact négatif sur la qualité de vie d'autres personnes; celles qui ont moins accès aux véhicules automobiles (les personnes démunies, handicapées ou âgées, les femmes, etc.) ont moins de choix de modes de transport. L'infrastructure routière a tendance à rendre plus difficile le recours à des choix plus durable tels que la marche et la bicyclette. Souvent, elle déroge à l'esthétique urbain et rural, et consomme des espaces de grande valeur pour d'autres utilisations (par exemple l'agriculture). Toutefois, dans de nombreux centres urbains, l'infrastructure du transport ne jouit pas de mises de fonds qui permettent d'offrir aux migrants journaliers un autre choix durable comparativement à l'automobile.
La santé et la sécurité des gens sont également menacées par les problèmes de qualité de l'air et les accidents de la circulation, le tout associé à une utilisation accrue des voitures et des camions. Dans les plus grands centres urbains, les engorgements des routes entraînent des pertes de productivité, diminuent la qualité de vie et nuisent à la santé (augmentation du stress).
Bien que le secteur du transport soit un secteur économique important, qu'il contribue directement et indirectement aux emplois et aux gains à l'exportation, le coût d'entretien et d'amélioration de l'infrastructure du transport et des services continue d'augmenter; un grand nombre d'administrations ne peuvent plus supporter ce genre et ce rythme de développement de l'infrastructure.
Notre but est d'élaborer des systèmes de transport destinés à maintenir ou améliorer le bien-être et des humains et de l'écosystème, mais pas l'un au détriment de l'autre. À cause des différentes conditions environnementales, sociales et économiques entre les pays et au sein de chacun d'eux, il n'existe aucun moyen unique qui permette d'acquérir des systèmes de transport durable. Il est toutefois possible de décrire un ensemble de principes directeurs qui pourront servir d'assise aux stratégies de transition.
Nous reconnaissons l'importance fondamentale des éléments suivants :
L'accès aux personnes, aux endroits, aux biens et aux services est important pour le bien être social et économique des collectivités. Le transport constitue un moyen essentiel, mais pas le seul, d'offrir cet accès.
Principe no 1 : L' accès
Tout être humain a droit à un accès raisonnable aux personnes, aux endroits, aux biens et aux services.
Les systèmes de transport constituent un élément critique d'une économie forte, mais ils peuvent également contribuer directement à l'installation des collectivités et à l'amélioration de la qualité de vie.
Principe no 2 : L'équité
Les états de la nation et le monde du transport doivent tenter de reconnaître l'équité entre les couches sociales, les régions et les générations, tout en répondant aux besoins fondamentaux de tous en matière de transport, y compris les personnes démunies, la population rurale et les personnes handicapées.
Principe no 3 : La santé et la sécurité
Les systèmes de transport devraient être conçus et fonctionner de manière à protéger la santé physique et mentale, le bien être social, sans oublier la sécurité des individus et l'amélioration de la qualité de vie dans les collectivités.
Principe no 4 : La responsabilité individuelle
Chaque personne a la responsabilité d'agir en tant que gardien du milieu naturel et de faire des choix durables en ce qui a trait au déplacement des personnes et à la consommation.
Principe no 5 : La planification intégrée
Les décideurs en matière de transport ont la responsabilité de rechercher des approches plus intégrées à la planification.
Nos activités peuvent surcharger la capacité limitée de l'environnement à absorber les déchets, à modifier physiquement ou à détruire les habitats, et à utiliser les ressources plus rapidement qu'elles peuvent être régénérées ou remplacées. Il nous faut mettre au point des systèmes de transport qui minimiseront le stress physique et biologique, tout en respectant les capacités d'assimilation et de régénération des écosystèmes, et les besoins en habitats des autres espèces.
Principe no 6 : La prévention de la pollution
La réponse aux besoins en matière de transport ne doit pas mettre en péril la santé publique, le climat de la planète, la diversité biologique, ni l'intégrité des processus écologiques essentiels.
Principe no 7 : L'utilisation des espaces et des ressources
Les systèmes de transport doivent faire une utilisation efficace des espaces et autres ressources naturelles, tout en veillant à la préservation des habitats vitaux et à la préservation des autres besoins pour le maintien de la biodiversité.
Les systèmes de transport durable doivent être rentables. S'il survient des coûts d'ajustement pour obtenir des systèmes de transport plus durable, ces derniers doivent être partagés de manière équitable, tout comme les dépenses courantes.
Principe no 8 : La comptabilisation des coûts complets
Les décideurs en matière de transport doivent s'orienter le plus rapidement vers une comptabilisation des coûts complets reflétant les coûts sociaux, économiques et environnementaux réels afin de s'assurer que les utilisateurs défraient une juste part des coûts.
Nous proposons diverses orientations stratégiques pour la mise en oeuvre de systèmes de transport durable. Un grand nombre de ces stratégies répondent à plus d'un des principes directeurs que nous venons de présenter.
L'ACCÈS
LES PERSONNES ET LES COLLECTIVITÉS
LA QUALITÉ ENVIRONNEMENTALE
LA VIABILITÉ ÉCONOMIQUE